Pour une location nue, deux régimes d'imposition de vos revenus fonciers coexistent : le micro-foncier et le régime réel. Le bon choix peut réduire sensiblement votre impôt — voici comment trancher en connaissance de cause.
Location nue ou meublée : deux fiscalités différentes
Avant de comparer micro-foncier et réel, un préalable indispensable : ces deux régimes ne concernent que la location nue (vide). Les loyers d'une location nue sont des revenus fonciers, déclarés à ce titre.
Si vous louez en meublé, vous relevez d'une logique totalement différente : celle des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), dans le cadre du statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP). On parle alors de micro-BIC ou de régime réel BIC, avec leurs propres seuils, abattements et règles d'amortissement. Ne confondez pas micro-foncier (location nue) et micro-BIC (location meublée) : ce sont deux univers fiscaux distincts. Cet article traite uniquement de la location nue.
Le régime micro-foncier
C'est le régime par défaut tant que vos revenus fonciers bruts annuels restent en dessous d'un certain plafond. Son principe : un abattement forfaitaire est appliqué automatiquement sur vos loyers, censé représenter l'ensemble de vos charges. Vous n'êtes imposé que sur la part restante, sans avoir à justifier la moindre dépense.
Les avantages :
- Simplicité maximale : une seule ligne à reporter sur votre déclaration de revenus, l'abattement est calculé automatiquement.
- Aucun justificatif à fournir ni à comptabiliser.
La limite : l'abattement est forfaitaire. Si vos charges réelles dépassent la part couverte par l'abattement — typiquement en cas de gros travaux ou d'intérêts d'emprunt importants — vous payez mécaniquement trop d'impôt par rapport au régime réel.
Le régime réel
Au régime réel, vous ne bénéficiez d'aucun abattement automatique : vous déduisez vos charges réelles, une à une, de vos loyers encaissés. Vous êtes imposé sur le résultat net qui en découle. Les charges déductibles comprennent notamment :
- les intérêts d'emprunt (et frais associés) liés à l'acquisition ou aux travaux ;
- les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration (hors construction et agrandissement) ;
- la taxe foncière ;
- les primes d'assurance (PNO, loyers impayés…) ;
- les frais de gestion et honoraires (agence, comptable, syndic) ;
- les charges de copropriété non récupérables sur le locataire.
L'avantage : le réel devient très intéressant dès que vos charges sont élevées. Et lorsqu'elles dépassent vos loyers, vous créez un déficit foncier. Sous conditions et dans certaines limites, ce déficit s'impute sur vos autres revenus fonciers, puis sur votre revenu global — un levier d'optimisation puissant, particulièrement en cas de gros travaux. La fraction non imputée se reporte sur les années suivantes. Les règles et plafonds du déficit foncier sont précis et évoluent : faites-les valider pour votre situation.
La contrainte : une déclaration plus lourde (un formulaire dédié aux revenus fonciers), une comptabilité des charges à tenir, et la conservation de tous les justificatifs en cas de contrôle.
Comment choisir entre les deux ?
Le réflexe est simple : comparez vos charges réelles déductibles à l'abattement forfaitaire du micro-foncier. Si vos charges sont nettement supérieures, le réel est plus avantageux ; sinon, le micro-foncier gagne en simplicité.
- Peu de charges, pas d'emprunt, pas de travaux → le micro-foncier et son abattement forfaitaire sont souvent gagnants.
- Emprunt en cours, travaux importants, copropriété chargée → le régime réel l'emporte presque toujours, et ouvre la voie au déficit foncier.
- Revenus fonciers au-delà du plafond du micro-foncier → le régime réel s'applique de plein droit, vous n'avez pas le choix.
Avant de vous lancer, posez de bonnes bases dès la mise en location : notre guide pour louer votre premier appartement récapitule les étapes clés.
Obligations déclaratives et durée d'engagement
Au micro-foncier, vous reportez simplement le montant brut de vos loyers sur la déclaration de revenus : l'abattement est appliqué par l'administration, sans démarche particulière.
Au régime réel, vous remplissez le formulaire dédié aux revenus fonciers en détaillant loyers et charges. Point important : l'option pour le réel vous engage pour une durée minimale (plusieurs années), pendant laquelle vous ne pouvez pas revenir au micro-foncier. Ce n'est donc pas une décision à prendre à la légère : faites le calcul sur vos chiffres réels, et anticipez l'évolution de vos charges (fin d'emprunt, travaux à venir) sur la période d'engagement.
Questions fréquentes
Peut-on changer de régime d'une année sur l'autre ?
Tant que vos revenus restent sous le plafond du micro-foncier, vous pouvez en principe opter pour le réel. Mais une fois le réel choisi, vous êtes engagé pour une durée minimale avant de pouvoir éventuellement revenir au micro-foncier. Vérifiez la durée applicable pour l'année concernée.
Le déficit foncier est-il garanti ?
Non. Le déficit foncier ne se crée que si vos charges déductibles dépassent vos loyers, et son imputation sur le revenu global est encadrée par des plafonds et des conditions (notamment de maintien en location). C'est un mécanisme avantageux mais réglementé : à valider au cas par cas.
Et si je passe en location meublée ?
Vous quittez alors les revenus fonciers pour les BIC, avec le micro-BIC ou le réel BIC. La logique de calcul, les abattements et les possibilités d'amortissement n'ont rien à voir avec ceux de la location nue : c'est un arbitrage à étudier séparément.
Cet article fournit des informations générales à jour de juin 2026 et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Vérifiez toujours les textes en vigueur ou consultez un professionnel pour votre situation.
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