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Réviser le loyer avec l'indice IRL

6 min de lecture · Mis à jour en juin 2026

Chaque année, vous pouvez réviser le loyer en suivant l'indice de référence des loyers (IRL). Encore faut-il une clause au bail, la bonne formule et le bon timing. Voici la méthode complète, avec un exemple chiffré pour ne plus jamais hésiter.

Qu'est-ce que l'IRL ?

L'indice de référence des loyers est publié chaque trimestre par l'INSEE. Il sert de plafond à l'augmentation annuelle des loyers d'habitation : un bailleur ne peut pas augmenter le loyer plus vite que cet indice. L'IRL est calculé à partir de l'évolution des prix à la consommation, ce qui protège les deux parties : le bailleur voit son loyer suivre le coût de la vie, et le locataire bénéficie d'une hausse encadrée et prévisible.

Chaque trimestre porte un numéro et une valeur (par exemple « 2ᵉ trimestre »). Pour réviser un loyer, on compare la valeur d'un trimestre à celle du même trimestre l'année précédente. C'est cette variation, exprimée en pourcentage, qui détermine la hausse maximale autorisée.

La condition indispensable : une clause de révision

La révision annuelle n'est pas automatique. Le bail doit contenir une clause de révision (parfois appelée clause d'indexation) précisant la date de révision et le trimestre de référence de l'IRL. La quasi-totalité des baux types en prévoit une, mais si elle est absente, vous ne pouvez pas augmenter le loyer en cours de bail. C'est l'un des points à vérifier au moment de la rédaction : voir notre guide pour rédiger un bail conforme.

Bon à savoir : sans clause de révision, la seule occasion de réajuster le loyer est le renouvellement du bail, et uniquement si le loyer est manifestement sous-évalué, selon une procédure encadrée distincte de l'IRL.

La formule de calcul

Le calcul est une simple proportion :

Nouveau loyer = Loyer en cours × (IRL du trimestre de référence ÷ IRL du même trimestre l'année précédente)

Le « trimestre de référence » est celui indiqué dans votre bail (souvent le trimestre de signature). Vous prenez sa dernière valeur publiée et vous la divisez par la valeur du même trimestre un an plus tôt.

Exemple chiffré

Supposons un loyer en cours de 600 €, et un bail qui retient le 2ᵉ trimestre comme référence. Imaginons que l'IRL de ce trimestre soit passé d'une valeur fictive de 140,00 l'an dernier à 143,50 cette année. Le calcul donne :

La hausse autorisée est donc de 15 € par mois. Ces valeurs d'indice sont volontairement fictives et servent uniquement à illustrer la mécanique : les indices réels changent à chaque publication trimestrielle, pensez à récupérer la valeur officielle de l'INSEE au moment où vous calculez.

Quand réviser ?

La révision intervient une fois par an, à la date prévue au bail. Selon les contrats, il peut s'agir de la date anniversaire de la signature ou d'une date fixe mentionnée dans la clause. Tant que le bail ne précise rien d'autre, c'est cette date qui fait foi : vous ne pouvez pas réviser plus tôt, ni cumuler deux hausses sur une même année.

Attention au délai : pas de rétroactivité

Vous disposez d'un an à compter de la date de révision pour l'appliquer. Passé ce délai, la revalorisation de l'année est définitivement perdue : la révision n'est pas rétroactive. Concrètement, si vous oubliez de réviser et que vous vous en apercevez quinze mois plus tard, vous repartez de la nouvelle date de révision avec le loyer inchangé, sans pouvoir réclamer le rattrapage. C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse pour les bailleurs.

Les cas où la révision est plafonnée ou impossible

Ces dispositifs évoluent régulièrement et dépendent de la localisation du bien : vérifiez les textes en vigueur ou les règles locales avant d'augmenter le loyer.

La marche à suivre

  1. Vérifiez la présence d'une clause de révision et notez le trimestre de référence.
  2. Confirmez que le logement n'est pas concerné par un gel (DPE F/G) ou un plafond d'encadrement.
  3. Récupérez la valeur officielle de l'IRL du trimestre de référence et celle de l'année précédente.
  4. Appliquez la formule et arrondissez selon l'usage.
  5. Informez le locataire du nouveau loyer (un courrier ou e-mail suffit, sauf mention contraire au bail), en détaillant le calcul.
  6. Appliquez la hausse à partir de la date de révision, jamais avant, et conservez une trace de l'indice utilisé.
Plus jamais d'oubli : Losio mémorise la date de révision et le trimestre de référence de chaque bail, vous alerte au bon moment et indexe le loyer sur l'IRL, pour ne plus perdre une revalorisation faute de l'avoir appliquée dans l'année.

Questions fréquentes

Puis-je réviser le loyer en cours d'année si j'ai oublié à la date prévue ?

Vous pouvez l'appliquer tant que vous êtes dans le délai d'un an suivant la date de révision, mais sans effet rétroactif : la hausse ne court qu'à partir du jour où vous l'appliquez, et jamais sur les mois écoulés.

Le locataire peut-il refuser la révision ?

Si la clause existe et que la formule est correctement appliquée dans le bon délai, la révision s'impose. Le locataire peut en revanche contester un calcul erroné, un indice mal choisi ou une révision sur une passoire thermique gelée.

Quel IRL utiliser si mon bail ne précise pas le trimestre ?

À défaut de précision, c'est en principe le dernier IRL publié à la date de signature du bail qui sert de référence. En cas de doute, mieux vaut faire vérifier la clause pour sécuriser la révision.

Cet article fournit des informations générales à jour de juin 2026 et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Vérifiez toujours les textes en vigueur ou consultez un professionnel pour votre situation.

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